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Retraite : la Cour des comptes est sévère

Faible rentabilité, investissements inopportuns, défaut d’engagement de l’Etat, abandon d’une ambition de long terme : le rapport annuel de la Cour des comptes n’est pas tendre pour le Fonds de réserve des retraites (FRR).

Créé en 1999, ce dernier était censé à l’origine constituer progressivement une cagnotte de 150 milliards d’euros destinée à contribuer à partir de 2020 au financement des régimes de retraite des salariés, artisans et commerçants.

Mais la réforme des retraites adoptée l’an dernier a modifié son rôle en l’obligeant notamment à verser 2,1 milliards d’euros par an jusqu’en 2024 à la Cades, la Caisse d’amortissement de la dette sociale. Alors même que ses propres dotations avaient été revues à la baisse, tombant entre 1,5 et 1,8 milliard d’euros contre 8,8 milliards en 2002.

Pour la Cour des comptes, la réorientation du FRR "témoigne de l’abandon d’une ambition de long terme" et son rôle de pourvoyeur annuel de ressources pour la Cades "risque d’hypothéquer la possibilité, pour l’établissement, d’atteindre une rentabilité satisfaisante".

Une rentabilité qui n’a pas été étincelante ces dernières années. Certes, le FRR n’a été que "faiblement touché" par la crise financière, mais son actif était ramené fin 2008 au niveau des dotations reçues depuis sa création. Et pour la période juin 2004-décembre 2010, il affiche une performance annualisée de 3,1%, inférieure au rendement moyen des obligations françaises.

La Cour pointe du doigt, entre autres, des investissements à des cours "particulièrement élevés", la composition risquée du portefeuille et la réactivité insuffisante du fonds pendant la crise.

"Le FRR court aujourd’hui le risque de ne remplir aucune des fonctions qui avaient justifié sa création", conclut le rapport, qui préconise des arbitrages clairs entre sécurisation des actifs et amélioration des performances et demande à l’Etat "à tout le moins" de ne pas accélérer les versements à la Cades.

Dans sa réponse à la Cour, le gouvernement assure que la mission du FRR n’est pas dénaturée par la réforme des retraites. Quant au président du directoire du Fonds, Augustin de Romanet, il défend une politique d’investissement cohérente et sans risques excessifs affectée par une crise "exceptionnelle".

Source : lefigaro.fr

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